mercredi 12 décembre 2007

L'éthique est-elle rentable?

L'éthique est-elle rentable?


Un marché dépourvu de valeurs ne peut fonctionner avec efficacité. Loin d'être un fardeau pour l'entreprise, l'éthique ajoute de la valeur aux affaires.


Par Luís Fonseca

"On s'en fiche du public. Je travaille pour mes actionnaires." La célèbre phrase de l'entrepreneur américain W. Vanderbilt, vieille de plus de cent ans, est aujourd'hui un bon exemple de ce qu'un actionnaire ne peut dire et encore moins penser. Vanderbilt, à l'époque président des chemins de fer new-yorkais, répondait à un journaliste qui lui demandait si les chemins de fer devaient être développés au bénéfice du public. Les formes modernes de relation inter entreprises sont venues donner une importance accrue aux questions éthiques.
La nécessité de faire des profits et de les accroître au maximum comme l'exigent les actionnaires peut-elle cohabiter avec l'éthique des entreprises? Si l'on pense aux grands scandales financiers internationaux qui ont ébranlé le début du XXIe siècle, on peut être tenté de répondre par la négative. Dans le monde des affaires, il n'est pas rare que celui qui ne le mérite pas réussisse et que celui qui fait le plus d'efforts perde.
A l'inverse, on regarde souvent le succès avec envie alors que le profit est condamné comme une aberration. Pour cette tribu de fondamentalistes, peu importe si la réussite a été méritée et si le profit, légitime, est en passe d'être réinvesti. Heureusement, ils sont de moins en moins nombreux.
La globalisation, en mettant en contact des pays et des entreprises qui en sont à des stades de développement différents, a accentué l'importance des questions éthiques. L'ouverture des économies, la démocratisation de l'accès aux technologies de l'information et de la communication, la plus grande maturité des consommateurs, sont incompatibles avec des postures de mépris et des attitudes d'avidité pure et dure et d'égoïsme vis-à-vis des consommateurs. Il n'y a aucun manuel de gestion qui dans ses énumérations des fonctions de cadre ne mentionne l'incitation/l'encouragement à l'éthique et à la perfection des organisations. On demande à une entreprise d'être responsable de l'ensemble du système environnant - que ce soient les travailleurs, les fournisseurs, les clients ou la communauté locale (ceux qu'on appelle stakeholders , au lieu de stokeholders).
Cependant, ceci est un changement récent. Qu'on se souvienne d'un des plus prestigieux penseurs du XXe siècle et Prix Nobel d'économie, Milton Friedman. La seule responsabilité sociale des affaires, écrivait-il, est d'augmenter les bénéfices. Pour cet homme, fervent admirateur/partisan du libre marché traditionnel, les gestionnaires qui défendaient l'idée de responsabilité sociale de l'entreprise étaient des fantoches/marionnettes involontaires des forces intellectuelles qui étaient en train de saper/miner les bases d'une société libre. Une authentique/véritable diatribe!
La vérité est qu'un marché dépourvu d'éthique fonctionne avec peu d'efficacité/de façon peu efficace. le monde corporatif a besoin d'entreprises viables, qui génèrent des emplois et créent de la prospérité autour d'elles. La transparence des politiques de gestion est, elle aussi, une arme décisive pour maintenir la confiance et la crédibilité. Une entreprise qui dévalorise sa main d'oeuvre ou qui ne transmet pas les valeurs d'égalité des chances accusera tôt ou tard des pertes. Celui qui par principe méprise la responsabilité sociale ne se soucie pas particulièrement non plus des droits du consommateur, de la sécurité, de l'innovation ou de la qualité car il a une attitude complaisante par rapport au profit. Tôt ou tard l'image qu'il transmettra à ses clients deviendra/sera négative. Sa survie ne sera alors qu'une question de temps/Sa survie sera juste une question de temps.

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